Le site - Gergoviae Pueri - Hauts grades REAA

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Qui mieux que Jules César peut décrire le site où s'est passée cette bataille ?

Julius Caesar - De bello gallico Livre 7  §35 et suivants-
Traduction : traduction française de la Collection Nisard, 1865.

     Les deux armées étaient en présence, les camps presque en face l'un de l'autre ; et les éclaireurs disposés par l'ennemi empêchaient les Romains de construire un pont et de faire passer les troupes. Cette position devenait très embarrassante pour César, qui craignait d'être arrêté une partie de l'été par la rivière, l'Allier n'étant presque jamais guéable avant l'automne.   Pour y obvier, il campa dans un lieu couvert de bois, vis-à-vis de l'un des ponts que Vercingétorix avait fait détruire ; et s'y tenant caché le lendemain avec deux légions,   il fit partir le reste des troupes avec tous les bagages, dans l'ordre accoutumé, en retenant quelques cohortes pour que le nombre des légions parût au complet.   II ordonna de faire la plus longue marche possible, et quand il put supposer, d'après le temps écoulé, que l'armée était arrivée au lieu du campement, il se mit à rétablir le pont sur les anciens pilotis, dont la partie inférieure était restée intacte.   L'ouvrage fut bientôt achevé : César fit passer les légions, prit une position avantageuse, et rappela les autres troupes.   À cette nouvelle, Vercingétorix, pour n'être pas forcé de combattre malgré lui, se porta en avant à grandes journées.
De là César parvint en cinq marches à Gergovie ; et le même jour, après une légère escarmouche de cavalerie, il reconnut la position de la ville, qui était assise sur une montagne élevée et d'un accès partout très difficile ; il désespéra de l'enlever de force, et ne voulut s'occuper de ce siège qu'après avoir assuré ses vivres.   De son côté, Vercingétorix campait sur une montagne près de la ville, ayant autour de lui, séparément, mais à de faibles distances, les troupes de chaque cité, qui couvrant la chaîne entière des collines, offraient de toutes parts un aspect effrayant.   Chaque matin, soit qu'il eût quelque chose à leur communiquer, soit qu'il s'agît de prendre quelque mesure, il faisait, au lever du soleil, venir les chefs dont il avait formé son conseil ;   et il ne se passait presque pas de jour que, pour éprouver le courage et l'ardeur de ses troupes, il n'engageât une action avec sa cavalerie entremêlée d'archers.   En face de la ville, au pied même de la montagne, était une éminence escarpée de toutes parts et bien fortifiée ; en l'occupant, nous privions probablement l'ennemi d'une grande partie de ses eaux et de la facilité de fourrager ;   mais elle avait une garnison, à la vérité un peu faible.   César, dans le silence de la nuit, sort de son camp, s'empare du poste, dont il culbute la garde, avant que de la ville on puisse lui envoyer du secours, y met deux légions, et tire du grand au petit camp un double fossé de douze pieds, pour qu'on puisse aller et venir même individuellement, sans crainte d'être surpris par l'ennemi.

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